A PROPOS DE LA PETITION :
« Pour que le projet de traversée de l’agglomération de Sainte-Croix soit élaboré en concertation avec les habitants et que les platanes soient épargnés. »
Les élus sont mandatés pour gérer la cité et, à ce titre, à engager l’argent public. On peut comprendre qu’on ne va pas solliciter les citoyens à tout bout de champ pour telle ou telle autre décision. Mais lorsqu’il s’agit de l’aménagement urbain, la moindre des choses est de consulter les habitants qui sont directement concernés. En effet, les élus ne sont pas forcément les plus à même d’avoir les meilleures idées, surtout si ils n’habitent pas sur place et plus encore s’ils n’y ont jamais habité. « L’enfer est pavé de bonnes intentions » Et ce n’est pas de faire appel aux bureaux d’études qui règlera le problème. Lorsqu’on lance des travaux de cet ordre, on doit avoir à l’esprit que si on se loupe, outre l’argent public dépensé à tort, ce n’est pas réversible et que les riverains seront confrontés quotidiennement et pour des années à des problématiques qui ont été mal envisagées. On en a un bel exemple avec la place du pré commun.
Je vais d’abord exposer ici comment ce projet de « traversée d’agglomération » de Sainte-Croix a été élaboré, projet qui, d’ailleurs, n’est pas consultable en mairie, sauf si vous faites partie du conseil municipal.
A la suite de la manifestation devant l’école du collectif qui demandait des travaux de sécurisation, le maire avait répondu qu’il s’engageait à faire quelque chose mais que cela devait faire partie d’un projet global de « sécurisation et d’embellissement du village ». Par la suite et devant la pression des parents d’élèves, il a été décidé d’engager ces travaux.
Le montant des travaux a été fixé arbitrairement à 500.000€. Pourquoi ce chiffre ? Aucune justification budgétaire, ni d’ailleurs de plan de financement précis. Après appel d’offre, une entreprise est retenue pour assurer la maîtrise d’ouvrage, entreprise qui, d’après la commission d’appel d’offre, assure aussi l’étude topographique. Première déconvenue : lors de la première réunion, il s’avère que la commission à mal compris et qu’il n’apparaît nulle part que l’entreprise doit prendre à sa charge l’étude topographique. La mairie doit alors faire appel à un autre prestataire pour la réaliser… Deuxième surprise, l’entreprise a commencé par sortir un projet qui couvrait l’essentiel du village mais qui s’élevait à 1.300.000 €. Pourquoi ? Entre autres incongruités et pour l’anecdote, lors de la présentation, on a pu être témoin d’une scène incroyable : la personne qui présente le projet apprend « en direct » de la bouche du représentant de l’équipement présent, que lorsqu’on crée un trottoir, il ne doit pas faire moins d’un mètre quarante de large, ce qui ne correspond pas tout à fait aux plans présentés … Le fait est que le projet est revu pour entrer dans les clous mais ne traite plus désormais que trois tronçons : de la maison de retraite jusqu’au carrefour, devant l’école et devant la maternelle. Par la suite, il y a à une série de réunions, souvent à des horaires pour le moins inconfortables, dans lesquelles de nouvelles versions sont exposées et tenant plus ou moins compte des diverses remarques. Au fur et à mesure, les points de désaccord se dessinent… pour arriver au projet final exposé sommairement ci-après. (Si vous voulez plus de détails, adressez vous à la mairie)
Toutes les parties traitées seront rehaussées de six centimètres : il n’y aura pas de décapage préalable. Raison : trop cher. Déjà que la route est plus haute que les seuils des maisons …jusqu’où va-t-on monter ? Cinq ou six platanes sont malades : on va tous les abattre, des deux côtés de la route de la maison de retraite en allant vers le centre. Il ne fait pas bon être malade dans ce cartier. Il y avait bien une solution pour faire un trottoir derrière les platanes côté maison de retraite en créant un surplomb : trop cher. Un banc peut-être ? Réponse : pourquoi faire… De la bascule jusqu’à l’église : deux trottoirs protégés et circulation alternée. En face l’église : création de deux place de parking. On peut parfois y compter jusqu’à treize voitures stationnées. Que va-t-il se passer ? Les riverains continueront de se garer. Résultat des courses : On aura investi dans du béton désactivé pour voir des voitures se garer dessus, trottoir ou pas. De l’église au carrefour : deux trottoirs et plateau devant la mairie. Que fait-on avec la vielle cuve à fioul de la mairie qui fuit et qui empeste le quartier chaque fois qu’il pleut… Une fois qu’elle sera recouverte, plus question de l’enlever. Devant la maternelle : création d’un rétrécissement et de parking Devant l’école, un trottoir doublé de quelques places de parking et circulation alternée. Quid de la proposition de créer une passerelle qui irait, à travers les jardins, de devant l’école jusqu’à la place de la salle des associations, évitant ainsi aux écoliers et leur parents d’emprunter la montée qui ne sera pas traitée et qui est le point le plus dangereux du village.
Difficile de décrire ici plus précisément le projet qui nous a été présenté mais l’essentiel est là.
J’ai, vous l’avez compris, beaucoup de choses à reprocher à ce projet qui, malgré le fait qu’il a fallu plus de deux ans pour l’élaborer, a été bâclé et qui ressemble plus à une opération de propagande programmée qu’à une initiative animée par le souci de s’enquérir du bien-être de ces administrés. Mon avis, c’est que lorsqu’on fait de tels aménagements, on doit les faire bien, quitte à en faire moins, pour ne pas avoir à les refaire dans quelques années et que, surtout, on doit en premier lieu élaborer un vrai plan d’aménagement global, avec un plan de financement à l’appui, et ce, en concertation avec la population.
Mais ce n’est que mon avis et si j’ai engagé cette démarche c’est pour que vous puissiez vous faire le votre et vous exprimer car c’est là que réside le fondement d’une réelle démocratie.
Bertrand Soux

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