Commentaire de Jean Samouillan sur les cantonales
Après des cantonales perdues, une décrispation possible et souhaitable au sein du conseil municipal de Sainte-Croix Volvestre.
Une vague rose en France, un département des plus à gauche du pays, et paradoxalement, une victoire au premier tour du candidat de la droite dans notre canton. Il y a tout de même de quoi se poser des questions, camarades socialistes… Et cette large victoire donne à M. Bari une piste d’envol pour l’élection des conseillers territoriaux dans trois ans.
Pourtant, Jean-Luc Delpeuch n’a pas ménagé ses efforts de campagne, on doit le lui reconnaître. On pourra toujours dire « que certains n’ont pas joué le jeu », mais c’est insuffisant pour expliquer ce désaveu. Alain Bari a bénéficié de la prime au sortant et surtout, les électeurs ont voté la personne de Bari, plus accessible, à l’apparence plus ouverte, même s’il demeure fermé sur la plupart des questions fondamentales. Le déficit de voix du PS est surtout marqué à Sainte-Croix, où Deleuch est devant Bari, mais de très peu. Bari a fait le plein des voix dans son fief, et bien ailleurs, alors M. Delpeuch ne l’a pas fait à Sainte-Croix. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
La politique de la municipalité de Sainte-Croix, et notamment les tensions qui y règnent, seraient-elles aussi pour quelque chose dans cette déroute ? Nous exhortons l’équipe de Jean Doussain de ne pas pratiquer la politique de l’autruche. Il est temps de tenir compte des aspirations qui se sont manifestées lors des dernières municipales, des exigences écologiques, culturelles et démocratiques de la population. Et davantage de communication, d’ouverture.
Le PS, en Ariège, va-t-il intégrer les questions écologiques ? Ce serait une grave erreur de ne pas le faire. Laisser l’écologie aux écologistes, c’est la porte ouverte à un certain autoritarisme, voire à l’évacuation des questions sociales. A un niveau départemental, les discours à ce sujet sont parfois très pertinents, mais les actions dans les municipalités, sur le terrain, laissent à désirer, notamment à Sainte-Croix. Et c’est ce qui se passe devant leur porte qui intéresse les gens. La tendance de ces dernières années, à un niveau mondial est de résister là où on est. La résistance est horizontale, et non plus pyramidale.
Les gens veulent plus de démocratie, luttent aussi pour rester dans le monde rural, ont fait pour beaucoup le choix de venir ou de rester. Il conviendrait que dans les municipalités, les socialistes intègrent les préoccupations de ces gens-là, car elles sont légitimes, et cela permettrait alors de lutter dans la même direction. Cela ferait du sang neuf, et pas à droite, vous le savez très bien et vous en aurez besoin. Aux cantonales 2004, sept socialistes ont été élus au premier Tour. En 2011, ils ne sont plus que trois.
A Sainte-Croix, à sept contre sept, si les choses demeurent en l’état, la municipalité risque désormais d’être ingérable à moins que Jean Doussain gouverne avec sa voix prépondérante, son droit de veto, en ne provoquant pas l’élection d’un nouveau conseiller municipal.
Deux occasions vont se présenter pour enfin décrisper l’ambiance et arriver à une véritable collaboration :
L’élection éventuelle d’un nouveau conseiller municipal.
L’élection obligatoire d’un nouveau délégué cruxéen à la communauté de communes.
Une redistribution des postes d’adjoints.
La « majorité » actuelle, qui n’est plus majoritaire, va devoir se prononcer sur ces points.
Pour faire une métaphore rugbystique, la gestion municipale ne doit pas se pratiquer simplement en mêlée, il y a aussi l’ouverture qui compte. Et l’entraîneur, après une sévère défaite, se doit de réviser sa tactique de jeu. Gageons que si cette majorité consent à jouer l’ouverture, l’ambiance au sein du conseil municipal s’en trouvera considérablement améliorée. Ce qui profiterait à tous, et notamment aux Cruxéens, car c’est bien de leurs intérêts dont il est question, en dehors des querelles de partis, ou simplement de personnes, dont il s’agit maintenant de sortir.
Citoyen Jean Samouillan, qui se mêle de ce qui le regarde.
J’apporte mon soutien à ce texte, en souhaitant que d’autres nous rejoignent sur ces positions.
Michel Sarniguet, conseiller municipal.
