Compte rendu de la journée mares et abreuvoirs (Vidéo+)

Après la formation théorique dans la matinée de mardi, les formateurs de l’ANA et de la chambre d’agriculture nous ont emmené sur le terrain à Tourtouse dans les prairies de Robert Ruffé agriculteur. Cet agriculteur a remis sur la commune de Tourtouse 3 des 6 mares qui sont sur ses prairies de « Barènes ».
Sur le lieu de Barènes Mr Ruffé a fait découvrir 3 des 6 mares qu’il a remis en état avec les conseils de l’ANA et de la chambre d’agriculture. Une, la plus grande, est située en contrebas en bord de route et les autres plus haut sur les coteaux. « Le but pour moi est d’économiser l’eau du réseau car cela revient très cher en facture pour abreuver mon bétail. Mon objectif pour les prochaines années seraient d’arriver à alimenter mes autres petites mares situées plus haut que la grande (à 45M de dénivelé) ! Mais pour cela Robert doit investir dans des pompes pour alimenter ses autres mares. Il a plusieurs solutions la pompe solaire ou éolienne, cependant même attractif, les prix sont encore assez élevés. Il existe des aides allant jusqu’à 80% du prix qui sont réparties par le conseil régional, l’Europe et la fondation du patrimoine.
En Ariège, comme partout en France, très peu de mares ou d’abreuvoirs ont survécu à l’arrivée de l’eau courante directement dans les fermes. Or, la disparition de ces milieux aquatiques est très grave car il existe des espèces animales rares et protégées qui se retrouvent uniquement dans ces milieux-là.
Pour y remédier, l’Association des Naturalistes de l’Ariège avec Carole Herscovici et la chambre d’agriculture avec Jérome Péreira proposaient une journée de formation pour les agriculteurs et les particuliers à la salle des associations. La matinée était donc consacrée à un diaporama lié à la restauration des mares d’abreuvement. Leur restauration et leur entretien sont une réponse, même partielle, aux attentes des consommateurs. Au delà des aspects environnementaux, les mares d’abreuvement peuvent être une source d’économie, dans un contexte où le prix de l’eau ne fera qu’augmenter. Saviez-vous qu’une vache laitière boit 136 l d’eau par jour, une vache allaitante 113 l, un équin 54 l et un ovin 13l ? La consommation d’eau d’un troupeau de 30 mères allaitantes au cours de 8 mois de pâturage représente ainsi une dépense en eau courante de 770 euros. Cependant, l’utilisation des mares comme source d’abreuvement ne peut s’envisager qu’avec un minimum d’aménagement afin de limiter les risques parasitaires et bactériens. Les risques parasitaires concernent la Grande douve et les paramphistomes dont le cycle biologique est intimement lié à un escargot aquatique (la limnée tronquée). Sans aménagement des mares, les animaux se contaminent en ingérant des limnées lorsqu’ils vont boire. Il existe des aides pour l’aménagement de ces mares agricoles. L’ANA propose une aide en conseil et pour toute autre information sur la restauration ou la création de mares, sur les aspects réglementaires, sur les différents types d’aménagement, vous pouvez contacter Carole Herscovici à la Cellule d’Assistance Technique Zones Humides au 05 61 65 80 54 ou Jérôme Péreira de la Chambre d’Agriculture au 05 61 66 10 24.
