Créons une monnaie locale dans le Volvestre
Pour relocaliser l’économie, créons une monnaie locale dans le Volvestre
L’argent est devenu la valeur centrale de nos sociétés. Comme une drogue, les individus, toujours à sa recherche, craignent d’en manquer. Beaucoup sont prêts à faire n’importe quoi pour s’en procurer.
Henry et jean claude sur radio la locale
La monnaie n’est pourtant pas naturelle, c’est une création humaine sensée favoriser l’échange et la création de richesse. Son émission, sa circulation, sa distribution en font un outil de domination et d’asservissement d’une partie de plus en plus grande de l’humanité, au profit d’un nombre de plus en plus réduit d’individus.
Depuis la fin des années 90, des systèmes d’échanges complémentaires sont mis en place par des citoyens un peu partout dans le monde. La monnaie redevient un outil social, au service de l’homme. Le Chiemgauer allemand, la Banque du temps anglaise et l’Abeille de Villeneuve-sur-Lot, sont des preuves concrètes que la monnaie peut redevenir un sujet de débat dans la société occidentale.
Poser la question du bien-fondé de la prédominance de l’argent sur toute autre richesse, conduit à une remise en question de beaucoup de nos valeurs, souvent profondément ancrées. Aujourd’hui, toutes les décisions politiques sont justifiées par des « contraintes » économiques, présentées comme inéluctables, voire « naturelles ». Toute activité humaine doit dorénavant être rentable. Dérégulation, exploitation de l’homme, de la nature, sont ainsi acceptées fatalement avec un sentiment d’impuissance, sous prétexte de réalisme économique.
Le projet citoyen sur le Volvestre
Il a pour objectif la mise en place d’une monnaie complémentaire qui sera convertible en euros. Elle circulera entre des partenaires – des citoyens, des artisans, des agriculteurs, des entreprises, des commerces, des associations – qui veulent retrouver la maîtrise de l’usage des moyens d’échange. Dans le but de remettre l’économie locale au service du social et de l’humain, dans le respect de la nature et de la vie, au lieu de simplement inciter à la spéculation et à la consommation. Pour atteindre cet objectif, cette monnaie sera une monnaie fondante. La « fonte » d’une monnaie, c’est simplement la perte d’une partie de sa valeur à échéances fixées à l’avance (par exemple, 2% tous les 6 mois, ou 5% tous les ans).
Sous l’égide de l’association du marché de Ste Croix Volvestre une conférence débat a été organisée en juillet dernier à Ste Croix. (voir compte-rendu de cette soirée dans le n° 13 du « Journal du marché »). Depuis cette date les porteurs du projet n’ont pas chômé. Mettant en ligne sur le site www.sainte-croix-volvestre.info divers textes et documents, liens audio et vidéo ayant trait aux monnaies locales dans le monde ; multipliant les rencontres avec des associations, collectifs de personnes et population locale (la dernière réunion s’est déroulée le 15 décembre au « Souleilla » à Clermont) afin d’informer sur le rôle et l’intérêt d’une monnaie complémentaire locale dans la relocalisation de l’économie.
Toujours dans cet objectif pédagogique, une projection-débat se déroulera le vendredi 14 janvier prochain à Montbrun-Bocage. Après la projection du film documentaire « La double face de la monnaie », Françoise Lenoble, l’une des initiatrices de la monnaie locale l’Abeille à Villeneuve-sur-Lot, témoignera de manière concrète sur l’expérience en cours dans le Lot et Garonne.
Le docu : « la double face de la monnaie »
« La double face de la monnaie » (3e prix au Festival du film d’action sociale 2007) nous propose de démystifier l’argent et de reconsidérer notre perception de la richesse. Il donne la parole à des hommes et des femmes qui n’ont pas la visibilité médiatique de leurs homologues libéraux : le philosophe Patrick Viveret, l’économiste belge Bernard Lietaer, le président du conseil scientifique d’Attac Dominique Plihon, la sociologue argentine Héloïsa Primavera, le Canadien Michael Linton, inventeur des systèmes d’échange locaux… Et il interroge les utopies concrètes que sont les monnaies complémentaires et les systèmes d’échange locaux.
Le film part d’une volonté simple : démystifier l’argent et reconsidérer notre perception de la richesse. L’argent est au cœur des préoccupations de notre société : tout le monde l’utilise, chacun s’emploie à s’en procurer, mais qui s’interroge sur sa nature ?
L’Abeille : première monnaie locale en France
La révolution économique est en marche, il n’est nullement besoin d’attendre « la moralisation » du capitalisme promise par notre président, une poignée de citoyens se prennent en charge pour relocaliser l’économie, ils créent leur monnaie !
Cette monnaie, dont les appellations officielles sont « monnaie locale complémentaire » ou « bons d’achat », se présente sous la forme de coupures de 1, 2, 5, ou 10 abeilles valant respectivement 1, 2 5 ou 10 euros. On échange ses euros contre des abeilles que l’on pourra utiliser pour payer ses achats auprès des producteurs ou commerçants locaux adhérents à l’association « Agir pour le vivant » et ayant signé un contrat d’engagement. Ceux-ci doivent respecter la charte de l’association au mieux de leurs possibilités, achat de matières premières locales, bio ou s’inscrivant dans la démarche du bio etc…
Actuellement, après près d’un an de fonctionnement l’association compte une quarantaine d’adhérents professionnels. On y trouve des maraîchers, producteurs de fruits, de céréales, boulangers, éleveurs, producteurs de vin, commerçants bio, produits de santé, naturopathe, couture, vêtements, livres etc…
Les producteurs et commerçants recevant ces abeilles peuvent les dépenser auprès des autres professionnels adhérents et ainsi les abeilles vendus par l’association ne sortent pas du circuit local. Les professionnels doivent déclarer les ventes comme si elles étaient réalisées en euros. L’abeille se dévalue de 2% tous les 6 mois et pour continuer à l’utiliser, on doit acheter à l’association une vignette pour une valeur de 2% du prix du billet et à coller sur les billets, c’est le principe des monnaies fondantes. Les professionnels n’ayant pas suffisamment usage de leurs abeilles peuvent les rendre à l’association contre des euros, moyennant une dévaluation de 2%.
Les sommes recueillies servent à payer les frais de fonctionnement de l’association, impression des billets etc… , mais aussi à alimenter un compte à la NEF servant à financer des projets locaux dans l’esprit de la charte de l’association avec des prêts à faible taux d’emprunt. Tous les euros reçus par l’association pour l’achat des billets, constituent le fond de garanti du système, ces sommes sont également déposées à la NEF, banque coopérative de l’économie sociale et solidaire.
Cette soirée est une nouvelle étape pour le projet citoyen d’une monnaie locale sur le Volvestre. Vous avez des questions ? Les réponses se construisent ensemble… Alors, ne ratez pas la soirée du 14 janvier à Montbrun-Bocage et venez nous rejoindre à l’adresse suivante : pourunemonnaielocale@orange.fr
Informations, compte-rendus, liens sur le sitewww.sainte-croix-volvestre.info(rubrique « monnaie locale »)
