dimanche, 20 mai 2012 |

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Créons une monnaie locale dans le Volvestre

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Pour relocaliser l’économie, créons une monnaie locale dans le Volvestre

L’argent est devenu la valeur cen­trale de nos sociétés. Comme une drogue, les indi­vidus, tou­jours à sa recherche, craignent d’en manquer. Beaucoup sont prêts à faire n’importe quoi pour s’en pro­curer.

Henry et jean claude sur radio la locale

La monnaie n’est pourtant pas natu­relle, c’est une création humaine sensée favo­riser l’échange et la création de richesse. Son émission, sa cir­cu­lation, sa dis­tri­bution en font un outil de domi­nation et d’asservissement d’une partie de plus en plus grande de l’humanité, au profit d’un nombre de plus en plus réduit d’individus.

Depuis la fin des années 90, des sys­tèmes d’échanges com­plé­men­taires sont mis en place par des citoyens un peu partout dans le monde. La monnaie rede­vient un outil social, au service de l’homme. Le Chiem­gauer allemand, la Banque du temps anglaise et l’Abeille de Villeneuve-​​sur-​​Lot, sont des preuves concrètes que la monnaie peut rede­venir un sujet de débat dans la société occidentale.

Poser la question du bien-​​fondé de la pré­do­mi­nance de l’argent sur toute autre richesse, conduit à une remise en question de beaucoup de nos valeurs, souvent pro­fon­dément ancrées. Aujourd’hui, toutes les déci­sions poli­tiques sont jus­ti­fiées par des « contraintes » écono­miques, pré­sentées comme iné­luc­tables, voire « natu­relles ». Toute activité humaine doit doré­navant être ren­table. Déré­gu­lation, exploi­tation de l’homme, de la nature, sont ainsi acceptées fata­lement avec un sen­timent d’impuissance, sous pré­texte de réa­lisme économique.

Le projet citoyen sur le Volvestre

Il a pour objectif la mise en place d’une monnaie com­plé­men­taire qui sera conver­tible en euros. Elle cir­culera entre des par­te­naires – des citoyens, des artisans, des agri­cul­teurs, des entre­prises, des com­merces, des asso­cia­tions – qui veulent retrouver la maî­trise de l’usage des moyens d’échange. Dans le but de remettre l’économie locale au service du social et de l’humain, dans le respect de la nature et de la vie, au lieu de sim­plement inciter à la spé­cu­lation et à la consom­mation. Pour atteindre cet objectif, cette monnaie sera une monnaie fon­dante. La « fonte » d’une monnaie, c’est sim­plement la perte d’une partie de sa valeur à échéances fixées à l’avance (par exemple, 2% tous les 6 mois, ou 5% tous les ans).

Sous l’égide de l’association du marché de Ste Croix Vol­vestre une confé­rence débat a été orga­nisée en juillet dernier à Ste Croix. (voir compte-​​rendu de cette soirée dans le n° 13 du « Journal du marché »). Depuis cette date les por­teurs du projet n’ont pas chômé. Mettant en ligne sur le site www​.sainte​-croix​-vol​vestre​.info divers textes et docu­ments, liens audio et vidéo ayant trait aux mon­naies locales dans le monde ; mul­ti­pliant les ren­contres avec des asso­cia­tions, col­lectifs de per­sonnes et popu­lation locale (la der­nière réunion s’est déroulée le 15 décembre au « Sou­leilla » à Clermont) afin d’informer sur le rôle et l’intérêt d’une monnaie com­plé­men­taire locale dans la relo­ca­li­sation de l’économie.

Tou­jours dans cet objectif péda­go­gique, une projection-​​débat se déroulera le ven­dredi 14 janvier pro­chain à Montbrun-​​Bocage. Après la pro­jection du film docu­men­taire « La double face de la monnaie », Fran­çoise Lenoble, l’une des ini­tia­trices de la monnaie locale l’Abeille à Villeneuve-​​sur-​​Lot, témoi­gnera de manière concrète sur l’expérience en cours dans le Lot et Garonne.

Le docu : « la double face de la monnaie »

« La double face de la monnaie » (3e prix au Fes­tival du film d’action sociale 2007) nous propose de démys­tifier l’argent et de recon­si­dérer notre per­ception de la richesse. Il donne la parole à des hommes et des femmes qui n’ont pas la visi­bilité média­tique de leurs homo­logues libéraux : le phi­lo­sophe Patrick Viveret, l’économiste belge Bernard Lietaer, le pré­sident du conseil scien­ti­fique d’Attac Domi­nique Plihon, la socio­logue argentine Héloïsa Pri­mavera, le Canadien Michael Linton, inventeur des sys­tèmes d’échange locaux… Et il interroge les utopies concrètes que sont les mon­naies com­plé­men­taires et les sys­tèmes d’échange locaux.

Le film part d’une volonté simple : démys­tifier l’argent et recon­si­dérer notre per­ception de la richesse. L’argent est au cœur des pré­oc­cu­pa­tions de notre société : tout le monde l’utilise, chacun s’emploie à s’en pro­curer, mais qui s’interroge sur sa nature ?

L’Abeille : première monnaie locale en France

La révo­lution écono­mique est en marche, il n’est nul­lement besoin d’attendre « la mora­li­sation » du capi­ta­lisme promise par notre pré­sident, une poignée de citoyens se prennent en charge pour relo­ca­liser l’économie, ils créent leur monnaie !

Cette monnaie, dont les appel­la­tions offi­cielles sont « monnaie locale com­plé­men­taire » ou « bons d’achat », se pré­sente sous la forme de cou­pures de 1, 2, 5, ou 10 abeilles valant res­pec­ti­vement 1, 2 5 ou 10 euros. On échange ses euros contre des abeilles que l’on pourra uti­liser pour payer ses achats auprès des pro­duc­teurs ou com­mer­çants locaux adhé­rents à l’association « Agir pour le vivant » et ayant signé un contrat d’engagement. Ceux-​​ci doivent res­pecter la charte de l’association au mieux de leurs pos­si­bi­lités, achat de matières pre­mières locales, bio ou s’inscrivant dans la démarche du bio etc…

Actuel­lement, après près d’un an de fonc­tion­nement l’association compte une qua­ran­taine d’adhérents pro­fes­sionnels. On y trouve des maraî­chers, pro­duc­teurs de fruits, de céréales, bou­langers, éleveurs, pro­duc­teurs de vin, com­mer­çants bio, pro­duits de santé, natu­ro­pathe, couture, vête­ments, livres etc…

Les pro­duc­teurs et com­mer­çants recevant ces abeilles peuvent les dépenser auprès des autres pro­fes­sionnels adhé­rents et ainsi les abeilles vendus par l’association ne sortent pas du circuit local. Les pro­fes­sionnels doivent déclarer les ventes comme si elles étaient réa­lisées en euros. L’abeille se dévalue de 2% tous les 6 mois et pour continuer à l’utiliser, on doit acheter à l’association une vignette pour une valeur de 2% du prix du billet et à coller sur les billets, c’est le principe des mon­naies fon­dantes. Les pro­fes­sionnels n’ayant pas suf­fi­samment usage de leurs abeilles peuvent les rendre à l’association contre des euros, moyennant une déva­luation de 2%.

Les sommes recueillies servent à payer les frais de fonc­tion­nement de l’association, impression des billets etc… , mais aussi à ali­menter un compte à la NEF servant à financer des projets locaux dans l’esprit de la charte de l’association avec des prêts à faible taux d’emprunt. Tous les euros reçus par l’association pour l’achat des billets, consti­tuent le fond de garanti du système, ces sommes sont également déposées à la NEF, banque coopé­rative de l’économie sociale et solidaire.

Cette soirée est une nou­velle étape pour le projet citoyen d’une monnaie locale sur le Vol­vestre. Vous avez des ques­tions ? Les réponses se construisent ensemble… Alors, ne ratez pas la soirée du 14 janvier à Montbrun-​​Bocage et venez nous rejoindre à l’adresse sui­vante : pourunemonnaielocale@​orange.​fr

Infor­ma­tions, compte-​​rendus, liens sur le sitewww​.sainte​-croix​-vol​vestre​.info(rubrique « monnaie locale »)


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