dimanche, 20 mai 2012 |

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Des SEL au SOL : une monnaie locale pourquoi faire ?

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Qu’est ce qu’une monnaie locale ?

Une monnaie locale est une monnaie « interne », créée par une asso­ciation ou une muni­ci­palité pour servir dans les échanges locaux de biens et ser­vices, sur le modèle des SEL (Sys­tèmes d’échanges locaux). Ce sont en général des mon­naies non conver­tibles et « fon­dantes », c’est-à-dire qu’elles perdent leur valeur avec le temps (tout comme les Tickets res­tau­rants ou les bons de réduction des grandes sur­faces ont une validité limitée) et ne peuvent se thésauriser.

Le rôle d’une monnaie locale est prin­ci­pa­lement de per­mettre une relo­ca­li­sation de l’économie en favo­risant les échanges locaux sans dresser de nou­velles bar­rières doua­nières. En plus de fournir des res­sources nou­velles pour valo­riser la pro­duction locale.

Les SEL ou systèmes d’échange local

Sup­portés par des asso­cia­tions à but non lucratif, les SEL ou sys­tèmes d’échange local sont le support d’échanges de biens, de savoirs ou de ser­vices sans avoir recours à la monnaie offi­cielle. Chaque SEL crée sa propre monnaie alter­native portant des noms sym­bo­liques (grain de SEL, caca­huète, truffes, bou­chons, noix de coco, clous, …). Il y a à ce jour 367 SEL réfé­rencés en France. Sous des formes d’organisation très diverses, ils échangent autrement, en se déli­vrant de la tyrannie de l’économie de marché et sur une base de besoins réci­proques. Les termes de l’échange peuvent varier suivant les SEL. La valeur des pro­duits ou des ser­vices échangés s’évalue souvent avec comme base le temps de travail, une conception plus proches des défi­ni­tions d’Adam Smith que de Milton Friedman : c’est une cer­taine conception du marché libre et de la tran­saction de gré à gré plus proche de la conception libérale que ne le sou­hai­te­raient de nom­breux mili­tants du SEL, qui se réclament souvent de l’anti-libéralisme. Pour chaque tran­saction, un bon en trois exem­plaires est établi, un pour le béné­fi­ciaire qui est alors rede­vable d’un service équi­valent auprès d’un autre membre de l’association, un pour le « four­nisseur » qui lui devient béné­fi­ciaire potentiel et un pour l’association qui gère le compte de chacun. L’état et le fisc ferment les yeux sur ces opé­ra­tions consi­dérées comme non pro­fes­sion­nelles et occa­sion­nelles, cer­tains com­mer­çants y voient de la concur­rence déloyale, les par­ti­ci­pants, outre le caractère non mar­chand de la tran­saction en appré­cient le caractère militant et soli­daire. Pour des raisons évidentes, l’usage des SEL ne peut être que com­plé­men­taire à la monnaie offi­cielle, parce que les mon­naies SEL ne sont pas conver­tibles et tout sim­plement parce que dans leur fonc­tion­nement au sein de la cité, on peut avoir à faire face à des dépenses hors du système SEL : acheter de l’essence, de la peinture ou des pin­ceaux, etc…

Le SOL

Le SOL, monnaie encore au stade de l’expérimentation n’est pas une monnaie locale en soi. Les pro­mo­teurs du projet, le par­te­nariat d’une banque (Crédit coopé­ratif), de com­pa­gnies d’assurances (MAIFF, MACIF), du groupe Chèque Déjeuner et des régions fran­çaises (dont Midi-​​Pyrénées), avec le soutien du Fonds Social Européen, le défi­nissent comme une monnaie sans limites géo­gra­phiques impé­ra­tives mais « fon­dante » : les SOL acquis, s’ils ne sont pas uti­lisés, sont réaf­fectés col­lec­ti­vement à des projet d’utilité sociale et écolo­gique. Il y a trois voies pour échanger des SOL : 1 Sol Coopé­ration : Ça fonc­tionne comme une carte de fidélité. On acquiert des SOL en vendant biens ou ser­vices dans le réseau SOL et on peut les uti­liser en achetant dans le même réseau. 2 SOL enga­gement : On acquiert des SOL par une action bénévole et on peut les uti­liser pour obtenir des ser­vices, ça marche comme un SEL. 3 SOL affecté : Les SOL peuvent être dis­tribués de façon ciblée par des comités d’entreprise, des mutuelles, des CE pour per­mettre l’accès de cer­tains à des biens et ser­vices que leurs revenus ne leur per­mettent pas.

C’est au fond un système de redis­tri­bution mais dont le succès attendu repose sur le fait que ceux qui sont sur-​​monétarisé (les riches) en donnent un peu à ceux qui sont sous-​​monétarisés (les pauvres) notamment par un réseau tou­jours plus important. Le fait que le SOL reste une monnaie scrip­turale vir­tuelle (sur une carte à puce) non conver­tible en Euros per­mettra qu’il se com­porte comme une monnaie locale autonome en circulation.

Pourquoi cette conférence-​​débat ?

Des billets de 1, 5 ou 10 Abeilles pour acheter son pain, payer le coiffeur ou le libraire. L’idée est devenue réalité dans la commune lot-​​et-​​garonnaise de Villeneuve-​​sur-​​Lot. 2500 billets ont été édités et l’association orga­ni­sa­trice « Agir pour le vivant » espère séduire 200 à 300 « consomm’acteurs ».

« On a plus de pouvoir entre nos mains qu’on ne le croit, explique l’une des ini­tia­trice de l’Abeille, quand on voit le nombre de magasins d’artisans qui ferment, on se dit jusqu’à quand ? Est-​​ce qu’on ne peut pas faire quelque chose pour empêcher que ça continue ainsi et même redy­na­miser l’économie locale ? » C’est tout l’objectif de la mise en place de cette monnaie dite com­plé­men­taire. De l’anti-spéculation. Une monnaie qui ne sert qu’à échanger.

Une qua­ran­taine de com­mer­çants, artisans, thé­ra­peutes, pro­duc­teurs jouent le jeu et avec les Abeilles gagnées, ils peuvent à leur tour consommer loca­lement. En cas de gain trop important alors ils ont la pos­si­bilité de les échanger contre des euros, via l’association. « L’objectif c’est de faire vivre les gens du coin », dit une vil­le­neu­voise en route pour le marché, avec ses Abeilles en poche.

Aujourd’hui déci­deurs et élus s’accordent à recon­naître la per­ti­nence des cir­cuits courts, ce mode de pro­duction res­pec­tueux de l’environnement favo­risant l’économie locale. Un concept qu’il convient cependant de déve­lopper, notamment en formant de futurs agri­cul­teurs en vente directe et en faisant la pro­motion auprès des col­lec­ti­vités locales pour maî­triser l’accès au foncier. Et pour favo­riser les cir­cuits courts et la pro­duction locale, les déci­deurs et les élus peuvent aussi s’inspirer des mon­naies locales.

Alors, qu’est-ce qui nous empêche ici et main­tenant à Sainte Croix Vol­vestre de créer une monnaie locale, que nous appel­le­rions « le volp », pour sti­muler l’économie du village et du canton ? Si l’idée vous paraît per­ti­nente retrouvons-​​nous pour en parler et tra­vailler ensemble à mettre en œuvre cette monnaie com­plé­men­taire et solidaire.


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