INTERNET HAUT DEBIT DANS LE CANTON ET EN ARIEGE
« Un réseau haut débit, nécessaire à notre développement et aux décennies à venir, pourra réduire le risque de fracture numérique, les disparités entre zones urbaines et zones rurale et de montagne.(…) En débit, comme en couverture un réseau pour faire face aux besoins des chefs lieux de canton, les communes de plus de 600 habitants ».(1) Le conseil général a toujours affirmé sa volonté de garantir un avenir numérique au territoire ariègeois. Fort bien !
Mais à regarder de plus près la situation de Sainte Croix Volvestre le haut débit fait débat quant aux solutions techniques retenues pour la couverture des zones blanches, non éligibles à l’ADSL, cette connexion haut débit via les lignes téléphoniques. Le projet haut débit en Ariège prévoit la technologie wimax. Autrement dit, le haut débit n’est plus transporté par la fibre optique, mais par des ondes en continu via des antennes d’une portée de 15 km. Et c’est là que le mât blesse ! En effet, ces ondes appartiennent à la même famille que celles des téléphones portables. Elles sont distinctes des ondes de la radio et de la télé, des basses fréquences de 88 à 800 MHz émettant de façon continu et non pulsée. Ici, il s’agit d’hyperfréquences pulsées de 900 MHz pour la téléphonie mobile, jusqu’à 24450 MHz pour le wifi et de … 3 à 7 GHZ pour le wimax !
Le professeur Dominique Belpomme cancérologue à l’hôpital Georges Pompidou à Paris et président de l’association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse, lors d’une conférence débat qui s’est déroulée le 10 avril dernier à Tarascon sur Ariège, rappelait : « Aujourd’hui, il est clair que les champs électromagnétiques ont des effets sanitaires toxiques. Les mesures ne devraient pas dépasser 0,6 volt par mètre pour ne pas rencontrer de problème pathologique ». Ce soir là, à Tarascon, où il n’y a pas d’antenne relais, la mesure était de 3 volt par mètre ! Plus de 1500 études démontrent le risque de toxicité des ondes du téléphone portable et mettent en évidence le lien possible entre proximité d’antennes relais et cancers, tumeurs et leucémies. Au-delà du débat sur les risques pour notre santé et sur le principe de précaution, le choix de la technologie wimax a aussi, pour l’usager, un coût financier, bien souvent passé sous silence. Le projet ariégeois est de 30 millions d’euros et concerne quelque 2000 personnes, soit une connexion à 15 000 euros ! Un coût élevé lié au fait que le réseau France Télécom n’a pas été utilisé et qu’il a été remplacer par un réseau en fibre optique pour le faire exploiter par des opérateurs privés afin d’alimenter les antennes prévues. Bonjour le service public !
En Ariège, deux opérateurs privés se partagent le gâteau. Numéo et West Telecom proposent des offres commerciales quasi identiques. Pour l’option internet wimax jusqu’à 2 méga en réception et un débit jusqu’à 512 Kb/s (aucunement garantis soit dit au passage) il en coûte 34,79 euros par mois, auxquels il faut ajouter 10 euros/mois pour la téléphonie illimitée. Sans oublier l’installation du kit d’un montant de 99 euros.
Et encore. Selon nos deux fournisseurs les Ariégeois sont favorisés par rapport à d’autres départements, car le conseil généreux (pardon, général), prend en charge 400 euros sur les 500 nécessaires à l’installation. Ainsi donc, moi, usager de Sainte Croix pour avoir internet haut débit et le téléphone illimité je dois débourser tous les mois 44,90 euros. A comparer aux tarifs ADSL proposés par les fournisseurs d’accès à internet : internet haut-débit, plus téléphonie illimitée, plus télévision haute définition, pour 29,90 euros/mois… Cela porte un nom : la ségrégation par l’argent ! Hameau de Sainte Croix Volvestre, Maharage était, selon les opérateurs privés, éligible au wimax. Après vérification effectuée par un technicien, il s’avère que la réception est trop faible. Bref, Maharage reste en zone blanche. Ultime recours : le satellite. Le satellite qui s’avère également l’une des alternatives au wimax pour ceux et celles, nombreux, qui refusent d’être exposés aux champs d’ondes électromagnétiques et de faire courir des risques à leurs enfants (dont on sait qu’ils sont excessivement sensibles à ces ondes).Gros bémol : cela coûte très cher… Pour une connexion internet jusqu’à 2 méga en réception et 128 Kb/s il en coûte 29,90 euros par mois. Ajouter entre 29,90 et 33 euros/mois, selon les fournisseurs, pour le téléphone illimitée et le kit satellite indispensable pour être connecté (parabole, tête d’émission et réceptions, câbles, connecteurs et modem) proposé à 399 euros. Cette fois, tout est à la charge de l’utilisateur. Allez savoir pourquoi, le conseil général ne participe pas aux frais d’installation contrairement au wimax ! « La solution satellite ne pourra être subventionnée que lorsque les couvertures radio wimax seront totalement déployées », répond le département dans « Ariège Pyrénées » de juin. Autrement dit : tu peux toujours attendre ! Et une nouvelle fois la discrimination par l’argent.
Alors, quid des vœux du conseil général qui « souhaite que TOUS les Ariégeois puissent accéder à l’offre compétitive en matière de débit et de tarif. A ce sujet, le délégataire se doit d’assurer un traitement transparent et NON DISCRIMINATOIRE des usagers devant le service public. Le tarif de vente aux usagers doit être indépendant de sa situation géographique. Le tarif de raccordement doit être indépendant du point d’interconnexion concerné. Le délégataire a établi des grilles tarifaires permettant aux fournisseurs d’accès internet d’être suffisamment rentables (tiens donc !) pour qu’ils puissent proposer aux utilisateurs des offres identiques à celles qui sont disponibles sur les grandes agglomérations françaises. »(2)
Que faire face à la surdité du conseil général ? Le Collectif Ariège haut débit sans wimax ni wifi (les Verts, le comité écologique ariégeois, des communes ariégeoises…) demande l’arrêt du programme d’implantation d’antennes wimax et l’ouverture d’une négociation sérieuse avec l’opérateur historique France Télécom pour que des solutions filaires soient envisagées. C’est possible (3). En Auvergne, l’utilisation du réseau existant a permis de proposer une connexion à 1600 euros (10 fois moins qu’en Ariège !). Rappelons-le : seul le réseau filaire permet un vrai haut débit et une connexion qui ne suscite aucune controverse niveau santé. Car si tous nous souhaitons le haut débit, personne ne le souhaite à n’importe quel prix.
Le collectif d’usagers et citoyens de Sainte Croix Volvestre.
(1) et (2) extraits de la plaquette « Internet haut débit avec le conseil général de l’Ariège ». (3) la mise aux normes ADSL des réseaux secondaires France Télécom, qui s’avère être très onéreuse, n’est plus prise en charge par l’opérateur mais par le particulier.
PETITION : le département doit subventionner le satellite
Afin d’assurer un traitement non discriminatoire des usagers, il n’y a pas deux poids deux mesures. Le département qui intervient financièrement pour permettre l’accès au wimax, doit faire la même chose concernant l’accès au satellite en zone blanche. Le kit d’installation satellite ne doit pas coûter plus de 99 euros, coût de l’installation du kit wimax.
