vendredi, 10 février 2012 |

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L’arbre de la laïcité n’est toujours pas planté

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Ce jeudi 24 juin 2010, sur sug­gestion d’un citoyen anonyme, le conseiller muni­cipal Michel Sar­niguet a proposé qu’un arbre de la laïcité soit planté à Sainte-​​Croix. Le conseil muni­cipal a adopté la pro­po­sition à l’unanimité, c’est suf­fi­samment rare pour qu’il faille le noter. Moment rare, 15 votants, 15 voix pour ! Une minute de bonheur, une fois n’est pas coutume, la salle a applaudi ! Oui, mais voilà depuis rien n’a bougé et surtout on ne sait tou­jours pas, s’il doit être planté, où le sera t il ?

Le plein d’essences pour faire car­burer la laïcité Le jeudi 24 juin de l’an 2010, sur sug­gestion d’un citoyen anonyme, le conseiller muni­cipal Michel Sar­niguet a proposé qu’un arbre de la laïcité soit planté à Sainte-​​Croix. Le conseil muni­cipal a adopté la pro­po­sition à l’unanimité, c’est suf­fi­samment rare pour qu’il faille le noter. « Cet arbre sym­bo­lique érigera la valeur laïque au cœur même du village. Comme il sera planté sur l’aire de jeu des enfants, les parents et grands-​​parents pourront raconter comment le 11 décembre 2010, des mil­liers d’arbres ont été plantés en France pour rap­peler l’attachement des citoyens à la laïcité et à la sépa­ration absolue des églises et de l’Etat. », écrivait à l’époque le citoyen Jean Samouillan. Qua­torze mois plus tard aucun signe de vie d’un arbre de la laïcité à Ste Croix ! On ne sait tou­jours pas si il sera planté, ni où ? Et surtout on ne sait pas quel arbre planter ?

Un livre emprunté à la biblio­thèque muni­cipale de Ste Croix pourrait aider à faire un choix.

« His­toires d’arbres » invite en effet à la décou­verte de dix huit espèces d’arbres qui font partie de notre envi­ron­nement proche. Dix huit por­traits écrits par un ingé­nieur forestier, Phi­lippe Domont, et une conteuse, Edith Mon­telle, pré­sentant des aspects essen­tiels de la per­son­nalité de chaque arbre. Trois espèces urbaines : le ginkgo, le platane et le peu­plier d’Italie ; trois espèces médi­ter­ra­néennes : le figuier, l’olivier et le cèdre ; douze essences fores­tières : le bouleau, le pin syl­vestre, le mélèze, l’épicéa, le sapin pectiné, l’érable sycomore, le tilleul, le hêtre, le chêne, le frêne, le châ­tai­gnier et l’if.

Pour aider dans notre choix, attardons nous sur la sym­bo­lique de chacun de ces arbres. Le ginkgo, l’arbre de la mémoire du passé et de la vie à venir, du sou­venir et de l’espérance. Pour les Japonais, il est l’arbre à lait qui porte en lui-​​même la force l’aidant à sur­vivre aux pires catastrophes.(même après Fukushima ?)

Le platane, l’arbre de la ren­contre. Symbole de régé­né­ration et de fécondité, il repré­sente la déesse mère dans toute sa magni­fi­cence paci­fi­ca­trice en raison notamment de sa feuille palmée comme une main (c’est donc en toute logique que son ombrage accueille le marché de Ste Croix, lieu de convi­vialité et de lien social)

Le peu­plier d’Italie, l’arbre de l’eau et du vent. En Europe occi­dentale il exprime la dualité : le peu­plier noir est orgueilleux, le peu­plier blanc est cha­ri­table. Dans les récits liés aux peu­pliers, le peuple humain apprend à vivre en har­monie avec la nature et ses semblables.

Le figuier, l’arbre à lait. Suave friandise au goût de miel, la figue donne un avant goût du paradis. Sous l’ombre pro­tec­trice du figuier bien des tran­sac­tions com­mer­ciales ont été établies. Pour les Hébreux il est symbole de paix et d’abondance. En Inde il est l’arbre de l’initiation, de la médi­tation et de la recherche intellectuelle.

L’olivier, l’arbre à huile. Il est la récom­pense suprême de ceux qui ont su ramener sur terre la paix et la récon­ci­liation, de ceux qui savent huiler les rela­tions humaines par la seule force de leur parole et de leur intelligence.

Le cèdre, l’arbre à parfums. Sa taille impres­sion­nante en a fait un symbole de puis­sance et de grandeur, mais aussi d’orgueil démesuré. Il repré­sente aussi la noblesse de l’esprit et la force de ceux qui résistent cou­ra­geu­sement aux aléas de l’existence.

Le bouleau, l’arbre de la puri­fi­cation. Symbole de renouveau de la nature il est l’arbre de la connais­sance des chaman sibé­riens qui tirent une boisson de sa sève qu’ils nomment sang. Pro­tecteur des jeunes filles et garant des mariages, il procure espé­rance dans l’avenir.

Le pin syl­vestre, l’arbre du feu et du sable. Symbole de fran­chise, de rec­titude morale, il apparaît dans les céré­monies de mariages de nom­breux peuples et il orne le front des divi­nités de la nature. Pour les Japonais il repré­sente la force inébran­lable parce que le pin sort souvent invaincu des assauts du vent.

Le mélèze, l’arbre d’or. Il est désigné comme arbre cos­mo­go­nique pour toutes les civi­li­sa­tions qui le connaissent. Porte d’accès à l’au-delà, il est un symbole du voyage à réa­liser pour devenir un homme lucide qui se connaît lui-​​même.

L’épicéa, l’arbre à musique. Il est le gardien des portes du monde des morts, avec une pro­messe de vie donnée par la forme phal­lique de ses fruits. Il donne sa voix au violon, ins­trument qui évoque l’harmonie, le bonheur et la danse. C’est l’une des raisons pour laquelle l’église catho­lique le consi­dérait comme arbre du diable.

Le sapin pectiné, l’arbre de Noël. « Ça sent le sapin ! ». Le bois de sapin est utilisé pour fabriquer des cer­cueils écono­miques, le dernier vêtement du pauvre mortel. Arbre funé­raire, le sapin est aussi arbre de Noël, porte-​​bonheur contre les maladies. Il nous rap­pelle sans cesse notre destin commun.

L’érable sycomore, l’arbre aux mains dont la feuille est devenu l’emblème du Canada (et du Donazan arié­geois). Symbole de la modestie et du bonheur conjugal, il est aussi une image de la mélan­colie qui nous assaille, car il nous rap­pelle la brièveté de notre passage sur terre. C’est un arbre béné­fique, qui éduque les jeunes gens, civilise la terre et fabrique de l’humus.

Le tilleul, l’arbre à tisane. Tout semble doux et tendre dans le tilleul. C’est un arbre féminin ; un arbre pro­tecteur qui offre le refuge de son tronc creux. Arbre béné­fique, sa large fron­daison dis­pense une ombre agréable aux assem­blées de village. La forme de sa feuille offre un emblème de fidélité aux amoureux : le cœur.

Le hêtre, l’arbre aux pinsons. Arbre aux noms mul­tiples dont le nom courant est un héritage des Francs et dont les noms popu­laires évoquent le foyer, le feu et la fête du renouveau. C’est un arbre pro­tecteur dont les fruits viennent en aide aux hommes et aux animaux pendant les années de famine.

Le chêne, l’arbre de la justice. Symbole de la force virile dans son épanouis­sement et sa majesté, cet arbre qui attire la foudre était censé ins­pirer aux juges l’équité dans les sen­tences. Sa lon­gévité et sa robus­tesse l’ont fait adopter comme garant des contrats.

Le frêne, l’arbre de la vigueur. Il est une image sym­pa­thique du jeune homme dans la force de sa virilité, parfois paresseux mais tou­jours fertile. Hôte de la can­tharide aux pou­voirs aphro­di­siaques, il stimule les désirs amoureux.

Le châ­tai­gnier, l’arbre à pain. Sur­nommé le pain du pauvre, il a permis à des popu­la­tions entières de sur­vivre pendant des siècles, avant de devenir aujourd’hui un dessert gourmand. En Ariège, la fédé­ration Rénova s’emploie actuel­lement à redonner vie au bois du châ­tai­gnier et à diverses variétés de châtaignes.

L’if, l’arbre de la vie et de la mort. Sa capacité à rejeter de souche en fait l’arbre de l’immortalité. . Cet arbre funé­raire est la connais­sance par la mort, ou une idée de la vie comme une suc­cession de morts.

Comme les devins des Parques, aurons-​​nous à uti­liser les fuseaux en bois d’if pour désigner l’arbre de la laïcité qui sera planté à Ste Croix ?

Et pourquoi ne pas s’en remettre à la décision de l’arbre ?

Autrefois, les ser­ments prêtés à l’ombre d’un arbre étaient indis­so­lubles. Citons le figuier des banians en Inde, le chêne au vendeur en Bre­tagne, l’ormeau de la Bresse. En cas de litige, le plaideur sur lequel tombait une feuille, ou celui qui recevait un fruit dans sa bouche, était le gagnant. Chiche !

Jean-​​Claude Geoffroy, cueilleur d’initiatives.

un arbre sera planté, oui mais où ? {JPEG}Cet arbre sym­bo­lique érigera la valeur laïque au cœur même du village. Comme il sera planté sur l’aire de jeu des enfants, les parents et grands-​​parents pourront raconter comment le 11 décembre 2010, des mil­liers d’arbres ont été plantés en France pour rap­peler l’attachement des citoyens à la laïcité et à la sépa­ration absolue des églises et de l’Etat.

Aujourd’hui, la laïcité est menacée en France par le gou­ver­nement Sarkozy, qui autorise les écoles catho­liques à délivrer des diplômes uni­ver­si­taires. C’est le Vatican qui fournit la liste des écoles patentées ! Une honte pour la Répu­blique ! Rendez-​​vous donc le 11 décembre 2010, c’est un samedi, pour la plan­tation de l’arbre de la laïcité avec dis­cours, fan­fares et à boire !

Cette opé­ration hau­tement sym­bo­lique est réjouis­sante et ne doit évidemment pas masquer la forêt et faire oublier d’autres attaques du gou­ver­nement contre les ser­vices publics, comme le non-​​remplacement de l’employée de la Poste par exemple, au sujet duquel le conseil muni­cipal a décidé d’envoyer une lettre de protestation.

Jean Samouillan

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