L’arbre de la laïcité n’est toujours pas planté

Ce jeudi 24 juin 2010, sur suggestion d’un citoyen anonyme, le conseiller municipal Michel Sarniguet a proposé qu’un arbre de la laïcité soit planté à Sainte-Croix. Le conseil municipal a adopté la proposition à l’unanimité, c’est suffisamment rare pour qu’il faille le noter. Moment rare, 15 votants, 15 voix pour ! Une minute de bonheur, une fois n’est pas coutume, la salle a applaudi ! Oui, mais voilà depuis rien n’a bougé et surtout on ne sait toujours pas, s’il doit être planté, où le sera t il ?
Le plein d’essences pour faire carburer la laïcité Le jeudi 24 juin de l’an 2010, sur suggestion d’un citoyen anonyme, le conseiller municipal Michel Sarniguet a proposé qu’un arbre de la laïcité soit planté à Sainte-Croix. Le conseil municipal a adopté la proposition à l’unanimité, c’est suffisamment rare pour qu’il faille le noter. « Cet arbre symbolique érigera la valeur laïque au cœur même du village. Comme il sera planté sur l’aire de jeu des enfants, les parents et grands-parents pourront raconter comment le 11 décembre 2010, des milliers d’arbres ont été plantés en France pour rappeler l’attachement des citoyens à la laïcité et à la séparation absolue des églises et de l’Etat. », écrivait à l’époque le citoyen Jean Samouillan. Quatorze mois plus tard aucun signe de vie d’un arbre de la laïcité à Ste Croix ! On ne sait toujours pas si il sera planté, ni où ? Et surtout on ne sait pas quel arbre planter ?
Un livre emprunté à la bibliothèque municipale de Ste Croix pourrait aider à faire un choix.
« Histoires d’arbres » invite en effet à la découverte de dix huit espèces d’arbres qui font partie de notre environnement proche. Dix huit portraits écrits par un ingénieur forestier, Philippe Domont, et une conteuse, Edith Montelle, présentant des aspects essentiels de la personnalité de chaque arbre. Trois espèces urbaines : le ginkgo, le platane et le peuplier d’Italie ; trois espèces méditerranéennes : le figuier, l’olivier et le cèdre ; douze essences forestières : le bouleau, le pin sylvestre, le mélèze, l’épicéa, le sapin pectiné, l’érable sycomore, le tilleul, le hêtre, le chêne, le frêne, le châtaignier et l’if.
Pour aider dans notre choix, attardons nous sur la symbolique de chacun de ces arbres. Le ginkgo, l’arbre de la mémoire du passé et de la vie à venir, du souvenir et de l’espérance. Pour les Japonais, il est l’arbre à lait qui porte en lui-même la force l’aidant à survivre aux pires catastrophes.(même après Fukushima ?)
Le platane, l’arbre de la rencontre. Symbole de régénération et de fécondité, il représente la déesse mère dans toute sa magnificence pacificatrice en raison notamment de sa feuille palmée comme une main (c’est donc en toute logique que son ombrage accueille le marché de Ste Croix, lieu de convivialité et de lien social)
Le peuplier d’Italie, l’arbre de l’eau et du vent. En Europe occidentale il exprime la dualité : le peuplier noir est orgueilleux, le peuplier blanc est charitable. Dans les récits liés aux peupliers, le peuple humain apprend à vivre en harmonie avec la nature et ses semblables.
Le figuier, l’arbre à lait. Suave friandise au goût de miel, la figue donne un avant goût du paradis. Sous l’ombre protectrice du figuier bien des transactions commerciales ont été établies. Pour les Hébreux il est symbole de paix et d’abondance. En Inde il est l’arbre de l’initiation, de la méditation et de la recherche intellectuelle.
L’olivier, l’arbre à huile. Il est la récompense suprême de ceux qui ont su ramener sur terre la paix et la réconciliation, de ceux qui savent huiler les relations humaines par la seule force de leur parole et de leur intelligence.
Le cèdre, l’arbre à parfums. Sa taille impressionnante en a fait un symbole de puissance et de grandeur, mais aussi d’orgueil démesuré. Il représente aussi la noblesse de l’esprit et la force de ceux qui résistent courageusement aux aléas de l’existence.
Le bouleau, l’arbre de la purification. Symbole de renouveau de la nature il est l’arbre de la connaissance des chaman sibériens qui tirent une boisson de sa sève qu’ils nomment sang. Protecteur des jeunes filles et garant des mariages, il procure espérance dans l’avenir.
Le pin sylvestre, l’arbre du feu et du sable. Symbole de franchise, de rectitude morale, il apparaît dans les cérémonies de mariages de nombreux peuples et il orne le front des divinités de la nature. Pour les Japonais il représente la force inébranlable parce que le pin sort souvent invaincu des assauts du vent.
Le mélèze, l’arbre d’or. Il est désigné comme arbre cosmogonique pour toutes les civilisations qui le connaissent. Porte d’accès à l’au-delà, il est un symbole du voyage à réaliser pour devenir un homme lucide qui se connaît lui-même.
L’épicéa, l’arbre à musique. Il est le gardien des portes du monde des morts, avec une promesse de vie donnée par la forme phallique de ses fruits. Il donne sa voix au violon, instrument qui évoque l’harmonie, le bonheur et la danse. C’est l’une des raisons pour laquelle l’église catholique le considérait comme arbre du diable.
Le sapin pectiné, l’arbre de Noël. « Ça sent le sapin ! ». Le bois de sapin est utilisé pour fabriquer des cercueils économiques, le dernier vêtement du pauvre mortel. Arbre funéraire, le sapin est aussi arbre de Noël, porte-bonheur contre les maladies. Il nous rappelle sans cesse notre destin commun.
L’érable sycomore, l’arbre aux mains dont la feuille est devenu l’emblème du Canada (et du Donazan ariégeois). Symbole de la modestie et du bonheur conjugal, il est aussi une image de la mélancolie qui nous assaille, car il nous rappelle la brièveté de notre passage sur terre. C’est un arbre bénéfique, qui éduque les jeunes gens, civilise la terre et fabrique de l’humus.
Le tilleul, l’arbre à tisane. Tout semble doux et tendre dans le tilleul. C’est un arbre féminin ; un arbre protecteur qui offre le refuge de son tronc creux. Arbre bénéfique, sa large frondaison dispense une ombre agréable aux assemblées de village. La forme de sa feuille offre un emblème de fidélité aux amoureux : le cœur.
Le hêtre, l’arbre aux pinsons. Arbre aux noms multiples dont le nom courant est un héritage des Francs et dont les noms populaires évoquent le foyer, le feu et la fête du renouveau. C’est un arbre protecteur dont les fruits viennent en aide aux hommes et aux animaux pendant les années de famine.
Le chêne, l’arbre de la justice. Symbole de la force virile dans son épanouissement et sa majesté, cet arbre qui attire la foudre était censé inspirer aux juges l’équité dans les sentences. Sa longévité et sa robustesse l’ont fait adopter comme garant des contrats.
Le frêne, l’arbre de la vigueur. Il est une image sympathique du jeune homme dans la force de sa virilité, parfois paresseux mais toujours fertile. Hôte de la cantharide aux pouvoirs aphrodisiaques, il stimule les désirs amoureux.
Le châtaignier, l’arbre à pain. Surnommé le pain du pauvre, il a permis à des populations entières de survivre pendant des siècles, avant de devenir aujourd’hui un dessert gourmand. En Ariège, la fédération Rénova s’emploie actuellement à redonner vie au bois du châtaignier et à diverses variétés de châtaignes.
L’if, l’arbre de la vie et de la mort. Sa capacité à rejeter de souche en fait l’arbre de l’immortalité. . Cet arbre funéraire est la connaissance par la mort, ou une idée de la vie comme une succession de morts.
Comme les devins des Parques, aurons-nous à utiliser les fuseaux en bois d’if pour désigner l’arbre de la laïcité qui sera planté à Ste Croix ?
Et pourquoi ne pas s’en remettre à la décision de l’arbre ?
Autrefois, les serments prêtés à l’ombre d’un arbre étaient indissolubles. Citons le figuier des banians en Inde, le chêne au vendeur en Bretagne, l’ormeau de la Bresse. En cas de litige, le plaideur sur lequel tombait une feuille, ou celui qui recevait un fruit dans sa bouche, était le gagnant. Chiche !
Jean-Claude Geoffroy, cueilleur d’initiatives.
Cet arbre symbolique érigera la valeur laïque au cœur même du village. Comme il sera planté sur l’aire de jeu des enfants, les parents et grands-parents pourront raconter comment le 11 décembre 2010, des milliers d’arbres ont été plantés en France pour rappeler l’attachement des citoyens à la laïcité et à la séparation absolue des églises et de l’Etat.
Aujourd’hui, la laïcité est menacée en France par le gouvernement Sarkozy, qui autorise les écoles catholiques à délivrer des diplômes universitaires. C’est le Vatican qui fournit la liste des écoles patentées ! Une honte pour la République ! Rendez-vous donc le 11 décembre 2010, c’est un samedi, pour la plantation de l’arbre de la laïcité avec discours, fanfares et à boire !
Cette opération hautement symbolique est réjouissante et ne doit évidemment pas masquer la forêt et faire oublier d’autres attaques du gouvernement contre les services publics, comme le non-remplacement de l’employée de la Poste par exemple, au sujet duquel le conseil municipal a décidé d’envoyer une lettre de protestation.
Jean Samouillan
