La forêt royale
D’une superficie de 300 hectares, la forêt de Sainte Croix [1] (dite forêt royale) vie des jours sombres. Composée principalement de sapins (c’est la sapinière la plus basse d’Europe), sur un sol formé principalement de grés, elle a la particularité aussi de receler un nombre incalculable de champignons divers (830 espèces ont été recensées). On trouve en son sein du chêne, des hêtres, châtaigniers et pin sylvestre, ces derniers introduit en 1855.
La présence du sapin dans sa partie centrale et à cette altitude, alors qu’il pousse habituellement entre 1300 et 1800 m, est une énigme.
L’histoire de cette forêt remonte au Moyen Age, elle fut offerte par la famille de Tersac-Gensac en 1263 au couvent de Sainte-Croix. Quatre siècle plus tard, en 1667, elle reçut la visite de Louis de Froidour, Grand maître des eaux et forêts de Louis XIV, qui était à la recherche de grands arbres pour les besoins de la marine royale. Après la révolution, elle devint alors propriété publique, l’Etat la vendit en 1853, dont une partie fut acquise par la commune. En 1970, Charles Fauroux , a rendu la part de la commune à l’Etat qui en possède désormais environ 104 ha, le reste appartenant à des particuliers. Dans les années 1952 à 1962, l’O.N.F. a privilégié les résineux à croissance rapide pour la fourniture de pâte à papier. Aujourd’hui, on en revient aux feuillus et à un plus grand respect de la biodiversité : Depuis1996, une partie de la sapinière domaniale a été interdite de toute intervention forestière pour préserver sa richesse mycologique.
Actuellement, la forêt souffre du changement climatique, d’abord victime de la tempête de 1999 l’ONF a replanté et favorisé les jeunes pousses ; mais quelques années plus tard elle est victime de la canicule qui la frappe de plein fouet. Avec le réchauffement climatique, la forêt de Sainte-Croix, et en particulier le sapin du Volvestre, passe des moments difficiles. L’Office Nationale des Forêts (O.N.F) vient de poser une placette d’observation (point de sondage) dans la forêt pour effectuer des analyses qui seront transmises à la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt (D.R.A.F). Rassurant, Mr Alger technicien à l’O.N.F, nous a confirmé un certain dépérissement, mais qui n’est pas alarmant. Cependant, cette forêt de sapins de basse altitude risque à plus ou moins long terme d’être amputée de ses essences. Ce sera le cas dans les Pyrénées où jadis, en altitude, les arbres étaient coupés pour faire place aux pâturages. Dans quelques années les résineux vont reprendre naturellement leur place en haute montagne.S’ils ont été coupés par l’homme c’est par besoin de bois et de plus d’espace pour vivre et constituer de nouveaux pâturages en haute montagne.


