Monnaie complémentaire, le débat (Vidéo+)

Quand la monnaie devient solidaire et écologique
« Associés à une monnaie complémentaire, les circuits courts sont une nouvelle forme d’engagement capable, en se dupliquant tout en restant reliés, de faire germer une nouvelle organisation économique et sociale respectueuse des hommes et de la nature ».
Tel est le message que la vingtaine de personnes présentes à la conférence-débat proposée par l’association le marché de Ste Croix Volvestre ont entendu mardi soir 6 juillet.
Un beau succès pour cette première, compte tenu de la date estivale. Certains étaient même venus de Toulouse et de Mirepoix, c’est dire si le sujet « Des Sel au Sol : une monnaie locale pourquoi faire ? » est d’actualité. L’intervenant, Frédéric Bosqué, chef d’entreprise investit dans l’économie sociale et solidaire, chargé de la mise en place de la monnaie Sol Toulouse et fondateur de Katao un réseau bénévole de distribution de produits locaux, écologiques et équitables à Montauban, a tenu éveillé la salle durant plus de trois heures.
Trois heures au cours desquelles Frédéric Bosqué nous a fait passer du troc des Sel à la monnaie, complémentaire Sol. Abordant concrètement la mise en œuvre de cette dernière autour d’une charte regroupant consom’acteurs et prod’acteurs qui peuvent convertir leurs euros en Sol, Frédéric Bosqué a magistralement démontré comment cette circulation captive des Sol au sein de ce réseau d’acteurs locaux amplifie le nombre des échanges et donc par suite leurs productions.
Une conversion qui dans un même mouvement supprime la base monétaire des réseaux financiers support nécessaire à la création d’argent-dette composant en moyenne 93% de la monnaie en circulation dans nos pays occidentaux. « Quand on sait que trois transactions sur vingt huit réalisées avec cet argent-dette servent à l’économie réelle ( production et financement de biens, de services et d’information) on comprend l’importance que revêt pour chaque citoyen l’usage d’une monnaie permanente comme d’un bulletin de vote », soulignait Frédéric Bosqué. Et d’insister sur l’orientation de chaque cents d’euros vers la « distinction sociale » d’acteurs servant « l’utilité commune ». « C’est le rôle de la monnaie complémentaire Sol dans les circuits courts. Et c’est l’application stricte de ce que nos ainés des « lumières » nous ont légué dans le 1er article des Droits de l’Homme de 1789 sur lequel se fonde toute notre constitution et par suite toutes les lois de la République française : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune », concluait Frédéric Bosqué.
