dimanche, 20 mai 2012 |

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Petit cours ludique sur la monnaie

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Comment rembourser vos dettes avec… rien ?

L‘ étrange visite d‘une dame…  

Nous sommes à Condé-​​sur-​​Gartempe. Une jeune femme, d’apparence conve­nable, bien qu’un peu trop fardée y dé­barque un ven­dredi matin. Elle réserve une chambre pour la nuit à l‘Hôtel de la Gare et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 100 €, tout neuf. Puis elle s’en va visiter la vieille ville. Le pâtissier qui a vu la scène dit au patron de l‘hôtel : « Cela fait six semaines que vous me de­vez 100 € pour la pièce montée que j’ai livrée à l’occasion de la com­munion de votre fille. » Le patron lui donne le billet de bonne grâce. Comme cette scène a été vue par d’autres, elle se reproduit cinq autres fois, car le pâtissier devait aussi 100 € au minotier… qui en de­vait autant au gara­giste… lui-​​même débiteur de cette somme au boucher… qui avait à régler 100 € au repré­sentant de la maison Erlida… lequel devait à son tour acquitter sa chambre à l’Hôtel de la Gare pour 100€. Il redonne donc le billet au pa­tron de l’hôtel. Ce ven­dredi soir, en ren­trant de pro­menade, la jeune femme annonce, qu’ayant fait une ren­contre, elle annule sa réservati­on. L’hôtelier lui rend donc son billet. Elle le regarde de près. Elle le tient vers la lumière. « C’est effec­ti­vement mon bil­let ». Elle sort son briquet et le brûle. « C‘était un faux billet », dit-​​elle en sou­riant, se tourne et s‘en va.

  Pourquoi un faux billet a-​​t-​​il été capable de cata­lyser autant d’échanges ?

Parce qu’un billet est de la monnaie fidu­ciaire (du latin fiducia : confiance). C’est ex­clusivement une « valeur de confiance » entre les memb­res d’une com­mu­nauté. Dans un autre pays, il n’aurait pas été accepté. Un faux billet perd sa « valeur » seulement au moment où il se révèle faux et n’est plus accepté par celui qui le reçoit. C’est celui qui le dé­tient en dernier qui assume la perte. Dans cette his­toire il n’y a pas eu de perte sauf pour la Dame de Condé qui savait de toute façon que son billet était faux. Cependant, il semble bien que la cir­cu­lation de ce faux billet ait comblé une carence de pouvoir d’achat à Condé-​​sur-​​Gartempe. En effet, en réservant sa chambre, la jeune femme a aug­menté de 100 € la masse moné­taire du village, ce qui a permis à six per­sonne d’éteindre réci­pro­quement leur dette pour un montant total de 600 €. La « qualité » de la mon­naie uti­lisée, bonne ou mauvai­se, fut indifférente.

Pour lire la suite, très intéressante… http://​www​.jour​narles​.org/​I​M​G​/​pdf/L…


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