Utopie concrète 1 : Le volp pour stimuler l’économie locale
De cette initiative de la commune anglaise de Denver qui a mis en place une monnaie locale – la livre de Totnes – qui peut être utilisée dans quatre vingt commerces et donne droit à des réductions. Ou encore de la monnaie solidaire appelée Sol que le directeur d’une association socioéducative de Colomiers en Haute-Garonne souhaite implanter en région toulousaine. Une monnaie qui permet de reposer les questions quant à l’usage : pour quels échanges ? Pour quel développement ? Pour quel territoire ? L’objectif de cette monnaie complémentaire étant de replacer l’argent comme moyen d’agir et non comme une fin en soi. De l’anti-spéculation. Une monnaie qui ne sert qu’à échanger. Tout en luttant contre la malbouffe, phénomène qui touche les plus pauvres, ces initiatives monétaires permettent de développer les réseaux de consommation locaux tels que le marché hebdomadaire de Sainte Croix Volvestre, mis sur pied par une association qui offre à la fois l’occasion de mieux se nourrir en polluant moins, en cultivant localement des produits de saison vendus à des prix raisonnables.
Les monnaies fondantes, dites aussi libres ou franches, trouvèrent une première expérimentation dans les années 1930 à l’initiative du maire du village de Wörgel en Autriche. Le principe de la monnaie fondante – qui se déprécie à intervalle fixe – amena les habitants à dépenser leurs bons avant la fin du mois. Parfois même en payant leurs impôts à l’avance ! Ce qui eut pour effet de catalyser l’économie locale. En quelques mois, le chômage qui sévissait dans tout le pays, fut éliminé dans la petite bourgade et les recettes fiscales de la mairie augmentèrent de 30% sans qu’aucune hausse de prix ne soit constatée. Plus près de nous, en Allemagne, le Chiemgauer existe depuis six ans dans la région de Prien am Chiemse. Cette monnaie locale perd 2% de sa valeur tous les trois mois, ce qui empêche toute accumulation de monnaie ou de spéculation financière. Près de 2500 personnes participent au dispositif qui profite aux entreprises locales. En renforçant les circuits régionaux, le Chiemgauer limite en même temps les transports des produits, respectant ainsi l’environnement.
Des billets de 1, 5 ou 10 Abeilles pour acheter son pain, payer le coiffeur ou le libraire. L’idée est devenue réalité depuis janvier dernier dans la commune lot-et-garonnaise de Villeneuve-sur-Lot. 2500 billets ont été édités et l’association organisatrice « Agir pour le vivant » espère séduire 200 à 300 « consomm’acteurs ». « On a plus de pouvoir entre nos mains qu’on ne le croit », explique l’une des initiatrices, « quand on voit le nombre de magasins d’artisans qui ferment, on se dit jusqu’à quand ? Est-ce qu’on ne peut pas faire quelque chose pour empêcher que ça continue ainsi et même redynamiser l’économie locale ? Une quarantaine de commerçants, artisans, thérapeutes, producteurs jouent le jeu et avec les Abeilles gagnées, ils peuvent à leur tour consommer localement. En cas de gain trop important alors ils ont la possibilité de les échanger contre des euros, via l’association. »L’objectif c’est de faire vivre les gens du coin", souligne une villeneuvoise rencontré sur le marché, avec ses Abeilles en poche.
Alors, qu’est-ce qui nous empêche ici et maintenant à Sainte Croix Volvestre de créer une monnaie locale, que nous appellerions « le volp », pour stimuler l’économie du village et du canton ? Si l’idée vous paraît pertinente retrouvons-nous ensemble pour mettre en œuvre cette monnaie complémentaire et solidaire. Devenons « volpistes » !
Jicégé, cueilleur d’initiatives à Sainte Croix Volvestre.
